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Alternariose | Carotte

Alternaria dauci

L’alternariose de la carotte est aussi appelée la brûlure des feuilles de carottes. 

Symptômes et dégâts 

Sur les parties aériennes

  • Sur les feuilles matures apparaissent des taches noires (3-6 mm) entourées d’un halo jaune. Les taches nécrotiques provoquées par ce pathogène fongique peuvent confluer et provoquer le dessèchement de l’ensemble de la feuille. Des chutes des parties nécrosées sont aussi observées.
  • Sur les pétioles, elles apparaissent allongées.
  • A. dauci cause également des dommages sur les semis.

Il s’agit d’une des maladies les plus préoccupantes en culture de carottes. La chute des feuilles peut provoquer des pertes de rendement importantes en diminuant la surface foliaire active.

Biologie de l’Alternaria dauci sur carotte

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : A. dauci s’attaque aux carottes et au persils
  • Facteurs favorables au développement de l’alternariose de la carotte : L'humidité est essentielle pour une sporulation abondante du champignon, tandis que la dissémination des conidies est facilitée par des conditions météorologiques sèches. La germination et la pénétration des conidies nécessitent des températures fraîches (15 à 20 °C). La rosée et la pluie légère favorisent la propagation de la maladie, mais elles doivent se produire à plusieurs reprises pour provoquer son développement rapide. Cette maladie se développe surtout en été lors de conditions douces à chaudes et humides.
  • Cycle de vie : Ce champignon hiverne dans le sol sur débris de végétaux ou sur d’autres plantes infectées.  A. dauci se transmet principalement via les semences. Il peut être retrouvé sur les carottes sauvages, le persil et d’autres adventices. Ses spores sont produites sur les feuilles et disséminées par le vent et la pluie.

Gestion intégrée de l’alternariose en culture de carottes

​Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Réaliser une rotation d’une année sur trois pour les légumes de la même famille, mais possibilité de réaliser deux cultures d’une même espèce sur une même parcelle la même année. Il est néanmois conseillé d’élargir la rotation à 5 ans entre deux culture de la famille des ombellifères. 
  • Choix variétal : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies.
  • Choix des semences : Utiliser des semences saines.

B. Au semis

  • Densité de plantation : Il est nécessaire de choisir des distances de plantation adaptées. Un bon espacement permet une meilleure aération de la parcelle et une diminution de l'humidité propice au développement du pathogène.
  • Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. Il est important d’évitier les excès d’azote propice au développement du pathogène. 

C. En cours de végétation

  • Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Il est conseillé d’éviter l’irrigation par aspersion qui favorise la propagation du pathogène, et de lui préférer l’irrigation au goutte-à-goutte.
  • Éviter tous facteurs de stress tel que la sécheresse.
  • Privilégier toute mesure qui favorise un séchage rapide du feuillage après arrosage.

D. Après la culture 

  • Gestion des déchets : Évacuer et détruire les résidus de récolte. 

E. Traitements éventuels

Traitements

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Le CIM (Centre interprofessionnel maraîcher) et le CPL-Végémar proposent sur leurs sites web des informations, des documents complémentaires et émettent en saison des avertissements concernant les différents pathogènes s'attaquant aux cultures.

Légende: 

: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

 : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.