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Feu bactérien | Poirier

Pectobacterium amylovora

Le nom de cette maladie provient directement des symptômes qu'elle provoque. Il s'agit de la maladie la plus dangereuse pour les arbres fruitiers à pépins, aujourd'hui largement répandue en Wallonie.

Symptômes et dégats

  • Les inflorescences se dessèchent et noircissent, partiellement ou totalement, tout en restant attachées à l’arbre.
  • Les jeunes pousses et rameaux contaminés flétrissent, prennent une couleur brun noir sur le poirier et s’enroulent en forme de crosse.
  • Les feuilles atteintes brunissent et présentent des taches nécrosées qui leur donnent un aspect brûlé.
  • Les organes touchés restent fixés aux branches.
  • Les fruits formés après l’infection sont petits, noirs et demeurent attachés à la plante.
  • Les branches âgées et le tronc présentent des zones à aspect brûlé et développent des chancres.
  • Un exsudat blanc et opaque suinte à partir de ces chancres.
  • Une coupe au niveau du chancre révèle des tissus luisants, de couleur rouge ou brune.

Les pertes économiques engendrées par cette maladie peuvent être très importantes, car il est souvent nécessaire de remplacer l’ensemble du verger attaqué.

Biologie de Pectobacterium amylovora sur poirier 

 

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : P. amylovora s’attaque le plus souvent aux cultures de poirier et de pommier. La maladie peut aussi infecter d’autres plantes comme les aubépines, les cotoneasters, les cognassiers, les néfliers du Japon et les pyracanthas, qui sont ses hôtes principaux. D’autres plantes peuvent faire office d’hôtes secondaires, comme l’amélanchier, le néflier commun, les cognassiers du Japon, les ronces, les sorbiers et les alisiers.
  • Facteurs favorables au développement du feu bactérien : P. amylovora se développe surtout pendant la période de floraison, lorsque les températures dépassent 18 à 20 °C et que l’humidité de l’air est élevée, supérieure à 80 %.
  • Cycle de vie : P. amylovora passe l’hiver dans les tissus infectés, en se concentrant surtout au niveau des chancres. Au printemps, ces chancres produisent un exsudat chargé de bactéries, qui se répand sur d’autres plantes par l’intermédiaire des insectes, des éclaboussures d’eau de pluie ou d’irrigation. Les bactéries pénètrent ensuite dans la plante par différentes ouvertures : les stomates, la base des fleurs ou des bourgeons, ou encore par diverses plaies. Une fois à l’intérieur, elles se propagent dans toute la plante, et les symptômes se développent progressivement depuis le point d’infection jusqu’à la base de l’arbre.  

Gestion intégrée du feu bactérien en culture de poirier

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture 

  • Choix des variétés : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies.

B. En cours de végétation

  • Contrôler les alentours des vergers afin de détecter la présence éventuelle de plantes infectées et de prendre les mesures appropriées. 
  • Effectuer la taille de préférence en hiver, afin de limiter les risques de contamination. Les haies d’aubépines doivent être taillées chaque année, entre le 1er novembre et le 1er mars, pour freiner leur croissance. 
  • Éliminer la seconde floraison des arbres fruitiers.
  • Réaliser un contrôle régulier des infections à l’intérieur et autour de l’exploitation.
  • Surveiller l’apparition de symptômes sur les haies d’aubépines, dans et autour des prairies et champs situés dans un rayon de 500 mètres autour des vergers de fruits à pépins et des pépinières produisant des plantes sensibles (comme les pommiers, poiriers et cognassiers). En cas d’apparition de symptômes, la taille immédiate des haies malades est obligatoire, dès les premiers signes. Les déchets de taille doivent être éliminés avec précaution, et les outils de taille désinfectés après usage.
  • Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Il est conseillé d’éviter l’irrigation par aspersion, qui favorise la dispersion des bactéries.
  • Effectuer les opérations culturales avant la reprise de végétation (en mars) et par temps sec.
  • Ne pas effectuer de taille en vert, plus risquée pour la contamination.
  • Badigeonner les plaies de taille avec un enduit désinfectant et cicatrisant.
  • Ramasser et brûler les déchets de taille pour éviter toute source de réinfection.

C. Traitements éventuels

Traitements 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Les ASBL GAWI (Groupement d'Arboriculteurs pratiquant en Wallonie les techniques Intégrées), DIVERSIFRUITS ainsi que la FWH (Fédération Wallonne Horticole) disposent de nombreux documents utiles pour une gestion intégrée des vergers. L’ASBL GAWI est le centre pilote qui encadre les arboriculteurs professionnels. L’ASBL CEPIFRUIT fournit également des informations afin d’optimiser les méthodes de conduite des vergers.

 

Légende: 

: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

 : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.