Dépérissement des pousses | Pin
Diplodia sapinae (synonyme Sphaeropsis sapinae)
Le dépérissement des pousses du pin est causé par le champignon Diplodia sapinea (syn. Sphaeropsis sapinea). Ce champignon endophyte, largement répandu à l'échelle mondiale, est capable de coloniser divers tissus du pin sans causer de problème. Il peut cependant devenir pathogène sous l'effet de différents stress provoquant un déséquilibre physiologique chez le pin.
Symptômes et dégats
Sur le pin adulte, on observe les symptômes principalement sur le houppier.
- Aiguilles courtes et brunâtres au niveau des extrémités (généralement, seule la partie jeune de la pousse est touchée).
- Les pousses infectées sont courtes, enveloppées de résine, et finissent par se dessécher.
- Vers la fin de l'été, apparition de fructifications noires à la base des aiguilles, des cônes et des pousses.
- L'infection peut atteindre l'écorce, provoquant des lésions corticales et un écoulement de résine.
- Des chancres peuvent apparaître sur les tiges et les branches.
- Si la maladie atteint le bois, elle en provoque le bleuissement.
Lorsque les houppiers sont atteints à plus de 50 %, les plantations doivent souvent être exploitées en urgence.
Biologie du Diplodia sapinea sur pin

- Plantes hôtes : le champignon peut s'attaquer à différentes espèces de pins (pin sylvestre, pin noir, etc.) ainsi qu'à d'autres résineux (Abies, Araucaria, Cedrus, Picea, etc.).
- Facteurs favorables au développement du dépérissement des pousses du pin : une période chaude et humide, des blessures ainsi que toutes sortes de stress (hydriques, nutritionnels).
- Cycle de vie : le champignon hiverne sous forme de conidies dans les pycnides ou sous forme de mycélium sur les aiguilles, les cônes ou d'autres tissus contaminés de la plante hôte. Les pycnides, petites fructifications noirâtres, libèrent une grande quantité de conidies qui sont dispersées sur d'autres plantes par les éclaboussures de pluie, ou par le vent sur de longues distances. D. sapinea pénètre dans les tissus de la plante via les stomates ou diverses blessures causées par des insectes, la grêle ou les coupes de taille. De nouvelles pycnides se forment en quelques semaines, et leurs conidies peuvent infecter d'autres plantes.
Gestion intégrée du dépérissement des pousses en culture de pin
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Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée ou integrated pest management (IPM) est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges.

A. Mesures agronomiques préalables à la culture
- Choix de la parcelle : éviter de planter sur un sol pauvre et déficient en eau afin de limiter les stress nutritionnels et hydriques, favorables au développement du pathogène.
B. En cours de végétation
- Gestion des plants infectés : éliminer les plantes ou les parties de plantes malades (notamment les pins noirs gravement malades). En cas de forte attaque dans un peuplement, prévoir une coupe préventive.
- Irrigation : en cas de stress hydrique, prévoir l'irrigation.
- Hygiène : désinfecter le matériel utilisé lors de la taille afin de limiter la propagation.
- Taille : Prendre des précautions au moment de la taille pour ne pas blesser les plantes.
C. Traitements éventuels
La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.
En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !
Pour aller plus loin | Sources
Pour plus d’informations, l’Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF) publie un bilan périodique de la santé des peuplements forestiers wallons et bruxellois, ainsi qu’un rapport annuel sur l’état général des forêts wallonnes. Il coordonne également un réseau de correspondants-observateurs, chargés de surveiller et de signaler les problèmes sanitaires en forêt, ainsi qu’un réseau de surveillance systématique. Enfin, l’Union ardennaise des pépiniéristes (UAP) peut être une ressource intéressante pour les informations relatives aux pépinières forestières.

- APS PRESS. (USA, 2018). compendium of conifer diseases (second edition). pp 80-83, Hansen, lewis, chastagner
- Département de la santé des fôrets, ephytia (2024). Le sphaeropsis des pins, consulté le 27/11/2024 URL : https://ephytia.inra.fr/fr/C/19093/Forets-Sphaeropsis-des-pins
- Dubach, V. Queloz, V.Stroheker, S (Institut fédéral de recherches WSL Birmensdorf, 2022). Les maladies des aiguilles et des pousses du pin. pp 6-7.
Légende:
: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)
: Fréquence du symptôme
Integrated pest management (Lutte intégrée)
Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.
Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.