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Oïdium | Froment

Blumeria graminis

Symptômes et dégâts

Sur les feuilles 

  • La maladie apparait le plus souvent entre les stades fin de tallage et 2 noeuds, mais peut se manifester dès le stade 3 feuilles. Elle touche d’abord les feuilles les plus basses, avant de se propager vers les étages supérieurs. 
  • Un duvet blanc cotonneux apparaît principalement sur la face supérieure des feuilles.
  • Au fil du temps, le feutrage prend une teinte brune ou grise et des ponctuations noires peuvent apparaître, les cléistothèces, structures de survie du champignon.
  • Après une pluie, les traces de l’attaque restent visibles sous forme de taches chlorotiques.

Sur les épis 

  • En cas de forte attaque, les symptômes atteignent les épis, ce qui entraine une réduction du nombre d’épis et du nombre de grains par épi.

Sur la plante 

  • Rabougrissement et perte de vigueur

L'oïdium devient préoccupant lorsqu'il s'installe sur les épis entre l'épiaison et la récolte. Il entraîne alors une réduction du nombre de grains par épi et une perte de poids des grains. En cas d'infection des épis, les pertes de rendement peuvent atteindre 10 %.

Biologie du Blumeria graminis sur froment

biologie du pathogène

 

  • Plantes hôtes : B. graminis affecte les céréales et d'autres graminées. Il en existe plusieurs formes spéciales, chacune spécifique d'un hôte : B. graminis f. sp. tritici ne s'attaque qu'au blé, tandis que B. graminis f. sp. hordei n'affecte que l'orge et d'autres plantes du genre Hordeum.
  • Facteurs favorables au développement de l’oïdium: L'alternance de périodes humides et sèches favorise la sporulation des conidies et leur dissémination, dont la germination nécessite l'absence d'eau libre sur la plante. La maladie est favorisée par des temps humides (85-100 %) et modérément chauds (15-22 °C). Les microclimats humides induits par une forte densité de semis, une forte fertilisation azotée ou par des caractéristiques de la parcelle (fond de vallée, sol profond, parcelle abritée du vent) y sont propices, de même que l'utilisation de variétés sensibles.
  • Cycle de vie : Le champignon survit sous forme de mycélium ou de cléistothèces (structures de survie) dans les chaumes et résidus de culture infectés. Lors d’un retour à des conditions plus propices à son développement, les ascospores produites dans les cléistothèces sont dispersées par le vent et peuvent infecter des repousses de céréales (sauvages) ou les semis d’automne et de printemps.

Gestion intégrée de l’oïdium en culture de froment

​Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Maximum 2 cultures de céréales sur 3 années en évitant froment sur froment. 
  • Choix variétal : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies. Des informations relatives aux sensibilités variétales sont disponibles dans le Livre Blanc des Céréales. 
  • Réaliser une association d'espèces (céréales/protéagineux) permet de renforcer la stabilité sanitaire de la parcelle.

B. À la plantation

  • Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. Une surfertilisation azotée entraine une croissance excessive du feuillage et augmente le risque d’infection.
  • Densité de semis : Adapter la densité de semis à la période de semis. Éviter de fortes densités de semis permet de limiter l’humidité et le développement du pathogène. 

C. Après la culture

  • Gestion des résidus de culture : Favoriser le déchaumage quand la saison le permet et détruire les repousses volontaires de blé.

D. Traitements éventuels

Seuils d’interventions

Ne pas traiter avant le printemps, particulièrement si le feutrage blanc n’est présent qu’à la base des tiges et avant que les dernières feuilles ne soient atteintes.

  • Avant tout traitement, il est conseillé de réaliser des observations sur les feuilles supérieures d’environ 20 plantes à partir du stade épi 1 cm (BBCH 30). Sur les variétés sensibles, traiter si plus de 20 % (4 feuilles sur 20) des 3es, 2es ou 1res feuilles déployées sont atteintes*. Sur les autres variétés, traiter si plus de 50 % (10 feuilles sur 20) des 3es, 2es ou 1res feuilles déployées sont atteintes*. 
  • Lorsque le feutrage blanc recouvre plus de 15 % de la surface des feuilles, il est trop tard pour contrôler efficacement l'oïdium, déjà trop développé.

*Une feuille est considérée comme atteinte, lorsque le feutrage blanc couvre plus de 5 % de la surface.

Traitements

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique. Des informations complémentaires sont également disponibles sur le site du livre blanc des céréales.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Pour plus d’informations sur le suivi de la pression régionale de maladies, consulter le site web du CePiCOP. Des informations complémentaires peuvent être trouvées sur le site du Livre Blanc des Céréales.

 

 

 

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.