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Piétin-verse | Froment

Oculimacula yallundae et Oculimacula acuformis

Deux espèces, Oculimacula yallundae et O. acuformis coexistent et sont responsables du piétin-verse sur le froment. 

Symptômes et dégâts

Les symptômes sont généralement observables de la montaison à la maturité. 

Sur la gaine 

  • Tache ocellée (elliptique), blanche en son centre et bordée par un liseré brun diffus.
  • Un ou plusieurs points noirs sont observables sur la tige lorsque l’on soulève les gaines successivement. Ils correspondent à des amas mycéliens (stromas). 

Sur la tige 

  • Une seule tache est visible par tige, très rarement deux. Elle se situe en général sous le premier nœud, juste en dessous ou juste au-dessus du sol. 

Sur l’épi 

  • Échaudage de l’ensemble de l’épi.

Sur la plante 

  • Verse possible à maturité en cas de forte attaque. Toutes les tiges peuvent tomber d’un seul côté (avec le vent) mais il est fréquent d’observer une verse dans toutes les directions.

L’impact du piétin-verse sur le rendement n’est perceptible qu’en cas de verse. Des diminutions de rendement de 6 à 7 q/ha peuvent être observées. 

Confusions possibles

À l’épiaison, la maladie peut être confondue avec :

  • Fusarioses de l'épi : Échaudage de groupes d'épillets sur l’épi, taches brunes sous forme de trait de plume.
  • Rhizoctone : Plusieurs taches nettes entre les racines et le deuxième nœud.
  • Piétin-échaudage : Tous les épis du pied sont échaudés.
  • Tordeuses : Tige sectionnée, l'épi s’arrache facilement.

Dans le cas du piétin-verse, des épis isolés sont échaudés et des taches diffuses sont visibles entre le plateau de tallage et le premier nœud (taches ocellées sur gaine).

Biologie de l’Oculimacula yallundae / O. acuformis sur froment

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : O. yallundae et O. acuformis s’attaquent aux céréales à paille, principalement le froment et rarement l’orge et le triticale. 
  • Facteurs favorables au développement du piétin-verse : Température avoisinant les 10 °C, blé sur blé ou rotations avec présence de céréale à paille tous les deux ans, variétés sensibles, dates de semis précoces, sol humide, labour (remontée des résidus en surface), pluviométrie élevée et températures douces pendant l’automne favorisent le développement de la maladie.
  • Cycle de vie : Ces champignons peuvent survivre sous forme de mycélium sur des résidus de paille ou des adventices pendant une période d’environ 3 ans. Lorsque les conditions lui sont favorables, des conidies sont produites et peuvent être disséminées. Cette sporulation est plus fréquente en automne qu’au printemps. Le champignon attaque la tige à travers les différentes gaines foliaires et la rend sensible à la verse. 

Gestion intégrée du piétin-verse en culture de froment

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier de charge. Integrated pest management (IPM).

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Maximum deux céréales sur trois ans en évitant froment sur froment. Il est conseillé d’allonger et de diversifier la rotation avec des cultures telles que les protéagineux, les oléagineux ou encore le lin textile, afin de rompre le cycle des ravageurs.
  • Choix variétal : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies. Ces informations sont disponibles dans le Livre Blanc des céréales.
  • Il est conseillé de réaliser un labour occasionnel au cours de la rotation. 

B. À la plantation

  • Type de semis : Éviter les semis précoces qui augmentent les risques en culture. Favoriser un semis tardif, peu profond, peu dense et sur un sol drainant. 

C. En cours de végétation

  • Hygiène : Nétoyer les machines et outils régulièrement. Si la maladie est signalée dans une des parcelles, éviter de la transmettre dans les autres par déplacement de terres à risque.

D. Traitements éventuels

  • Gestion des résidus de culture : Il est conseillé de favoriser le déchaumage lorsque la saison le permet.

E. Traitements éventuels

Seuils d’interventions

Les traitements sont rarement préconisés en Belgique (surtout si on travaille avec une variété résistante).

  • Cependant, en fonction de la pression induite par la maladie, on peut en faire un à partir du stade BBCH 31. La période à risque est le stade épi 1 cm.
  • Pour suivre la maladie : à partir du stade épi 1 cm, prélever au minimum 40 tiges sur l’ensemble de la parcelle. Tant que 10 % des tiges ne sont pas atteintes, ne pas traiter. Entre 10 et 35 % des tiges atteintes, la décision est incertaine et il est possible d’évaluer le risque grâce à des grilles de risque. Si plus de 35 % des tiges sont atteintes, un traitement est envisageable. 

Traitements

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique. Des informations complémentaires sont également disponibles sur le site du livre blanc des céréales.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Pour plus d’informations sur le suivi de la pression régionale de maladies, consulter le site web du CePiCOP. Des informations complémentaires peuvent être trouvées sur le site du Livre Blanc des Céréales.

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.