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Pourriture grise | Tomate

Botrytis cinerea

Symptômes et dégâts

Sur jeune plante

  • Les attaques précoces de B. cinerea peuvent causer des fontes de semis 

Sur les feuilles

  • Les taches foliaires sont claires avec un point foncé en leur centre. Ensuite, un duvet gris s’installe au niveau des infections.

Sur fleur

  • La présence de taches brunes accompagnées d’une moisissure grise. Les attaques sur les fleurs s’expriment par une coulure. 

Sur la tige

  • Les symptômes engendrés peuvent également se présenter sous forme de chancre beige à marron à la base de la tige ou sur les premiers centimètres de la tige sous le sol.

Sur les fruits

  • Ce champignon provoque également des pourritures grises des fruits.

Sur la plante

  • Un flétrissement de la plante peut être observé.

Les pertes de rendement sont tant quantitatives que qualitatives. L’attaque du bas de la tige peut induire la perte du plant alors que l’attaque des fruits entraine des pourritures lors de la récolte et du stockage.

Biologie du Botrytis cinerea sur tomate

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : Botrytis cinerea s’attaque aux tomates mais également à un grand nombre de plantes ornementales (rosiers, pélargonium, hortensia, dahlia, primevères, etc.), du potager (laitue, haricot, chou, etc.) et à d’autres cultures fruitières.
  • Facteurs favorables au développement de la pourriture grise de la tomate : Le développement de la maladie est favorisé par un éclairage insuffisant, une densité de plants élevée, des plantes étiolées ou affaiblies, une humidité relative avoisinant 95 % et des températures comprises entre 17 et 23 °C. La maladie est aussi favorisée par des blessures qui constituent des portes d’entrée du pathogène.
  • Cycle de vie : Ce champignon se conserve sur des débris végétaux mais aussi dans le sol, sous différentes formes : conidies, mycélium et sclérotes. Il se propage par l’eau (arrosage, pluie), le vent et les courants d’air dans les serres. Ce champignon germe en quelques heures sur les feuilles mouillées et/ou en présence d'une humidité ambiante d'au moins 95 %.

Gestion intégrée de la pourriture grise en culture de tomates

​Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

IPM

La culture de la tomate étant, en Belgique, en majeure partie pratiquée sous abri, les mesures reprises ci-dessous ne font référence qu'à ce type de pratique culturale.

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Sous abri, aucune rotation n'est obligatoire, il est cependant conseillé d'éviter de cultiver des tomates ou d’autres plantes hôtes au même endroit plusieurs années consécutives.
  • Choix variétal : Le choix variétal tient compte de la résistance ou de la tolérance aux maladies. 

B. Avant la plantation 

  • Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. L’application excessive d’engrais azotés est à éviter, car cet élément favorise le développement de gourmands favorables au développement du champignon.
  • Éviter l’excès d’humidité au niveau du sol.

C. À la plantation

  • Distance de plantation : Il est nécessaire de choisir des distances de plantation adaptées. Une plantation espacée permet de limiter l'excès d'humidité et la propagation de la maladie.
  • Éviter d’enterrer trop profondément les plants lors du repiquage.

D. En cours de végétation 

  • En serre : Il est nécessaire de gérer de façon optimale la climatisation, d’aérer et de ventiler l’abri. La bonne circulation de l'air est la meilleure façon d'éviter cette maladie.
  • Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Il est conseillé d’éviter l’irrigation par aspersion favorisant la propagation du pathogène, et de lui préférer l’irrigation au goutte-à-goutte.
  • Gestion des plants malades : Éliminer les déchets végétaux, les feuilles et autres parties de la plante atteintes.
  • Mesures d’hygiène : Il convient de désinfecter le matériel et les éventuelles installations ayant servi à faire pousser les plantes, en les nettoyant à l’eau de Javel ou à l’alcool.

E. Après la culture

  • Gestion des résidus de culture : Éliminer les résidus de culture après récolte.

F. Traitements éventuels

Traitements 

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Légende:

: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

 : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.