Rouille suisse | Douglas
Phaeocryptopus gaeumannii
La rouille suisse est une maladie fongique fréquente dans les plantations de jeunes douglas, elle est assez présente en Haute Belgique. Cette maladie se manifeste surtout par une décoloration, sous forme de taches ou décoloration uniforme, des aiguilles allant du vert pâle au jaune-vert ou jaune-brun.
Symptômes et dégats
Sur les parties aériennes 

- Présence de tâches chlorotiques (tâches jaune à vert pâle) sur les aiguilles, suivi des points noirs (fructification) le long des bandes stomatiques.
- Les aiguilles malades deviennent vite brunes provoquant une defoliation de l’arbre avec la chute des aiguilles les plus anciennes.
- La croissance de l’arbre peut être retardée.
Confusions possibles
La maladie peut être confondue avec :
- Rhizosphaera spp. : Présence de fructifications noires alignées le long des bandes stomatiques similaire à la rouille suisse.
Biologie de Phaeocryptopus gaeumannii en culture du douglas

- Plantes hôtes : Le douglas est le seul hôte.
- Facteurs favorables au développement de la rouille suisse : Des températures douces accompagnées de fortes précipitations. Une humidité élevée au printemps et en été favorise également le champignon.
- Cycle de vie : Au printemps, les pseudothèces (structures produisant les spores) présents sur les aiguilles infectées l’année précédente libèrent leurs spores, qui sont transportées par le vent et la pluie. Ces spores infectent les jeunes aiguilles. Les fructifications commencent à se former dans l’aiguille dès la fin de l’automne, 4 à 5 mois après l’infection. Elles deviennent visibles à la fin de l’hiver sous forme de points noirs, puis les aiguilles tombent au printemps.
Gestion intégrée de la rouille suisse en culture du douglas
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Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée ou integrated pest management (IPM) est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges.

A. Mesures agronomiques préalables
- Choix de la parcelle : Éviter les sols trop humides ou saturés en eau, qui stressent l’arbre en asphyxiant ses racines.
- Choix des plants : Il vivement recommander d’utiliser des plants sains/certifiés.
- Choix de la provenance : Il est conseillé de sélectionner des provenances plus résistantes, adaptées aux conditions environnementales.
B. A la plantation
- Densité de plantation : Une densité plus faible améliore la circulation de l’air, ce qui permet de diminuer l’humidité dans le peuplement.
C. Durant la culture
- Gestion des plants infectés : Éliminer les sujets fortement atteints afin de limiter la quantité d’inoculum.
D. Traitements éventuels
La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.
En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !
Pour aller plus loin | Sources
Pour plus d’informations, l’Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF) publie un bilan périodique de la santé des peuplements forestiers wallons et bruxellois, ainsi qu’un rapport annuel sur l’état général des forêts wallonnes. Il coordonne également un réseau de correspondants-observateurs, chargés de surveiller et de signaler les problèmes sanitaires en forêt, ainsi qu’un réseau de surveillance systématique. Enfin, l’Union ardennaise des pépiniéristes (UAP) peut être une ressource intéressante pour les informations relatives aux pépinières forestières.

- Département de la santé des forêts (D.S.F)(Ephytia,2024), Phaeocryptopus gaeumannii, consulté le 06/05/2025 URL : https://ephytia.inra.fr/fr/C/18695/Forets-Rouille-suisse-du-Douglas
- F. Bille (Silva Belgica, 2011), La rouille suisse du douglas, Volume 118-6/2011, pp 14-17
- S. Schmitz, A. Charlier, L. Delahaye, A. Chandelier (Forêt.Nature, 2016), La santé des jeunes plantations de douglas en Wallonie : un état des lieux, n°138, pp. 56-62.
- Hansen, E. M., Lewis, K. J. et Chastagner, G. A. (dir.). (2018). Compendium of conifer diseases (2e éd.). APS Press.
Légende:
: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)
: Fréquence du symptôme
Integrated pest management (Lutte intégrée)
Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.
Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.