Sclérotiniose | Chou
Sclerotinia sclerotiorum
Symptômes et dégâts
Sur les parties aériennes
- Apparition de zones translucides sur la tige et les feuilles inférieures.
- Les parties infectées de la plante flétrissent, se ramollissent et se couvrent d'une moisissure blanche et duveteuse.
- Des sclérotes blancs puis noirs sont aussi visibles sur ce mycélium blanc.
- L'infection commence sur la tige et les feuilles en contact avec le sol, puis remonte vers les feuilles supérieures.
- Dans certains cas, la maladie peut se propager jusqu'à la pomme du chou, qui se transforme en masse molle et visqueuse.
Il s'agit d'une maladie peu importante en culture de chou. Elle provoque surtout des dégâts lors du stockage, rendant les choux non-commercialisables.
Biologie de Sclerotinia sclerotiorum sur chou

- Plantes hôtes : La sclérotiniose est une maladie fongique s’attaquant à une très grande diversité de plantes. Elle est connue principalement pour son impact en culture de colza. En culture de chou, elle survient en champ et lors du stockage, surtout chez les choux pommés, les rutabagas et les navets.
- Facteurs favorables au développement de la sclérotiniose : L'attaque est surtout rencontrée lors d'hivers doux et lorsque l'humidité du sol est importante, proche de la capacité au champ. Les cultures présentant une forte densité de plantation sont favorables au développement d'un microclimat humide, propice au développement du champignon. Les ascospores du champignon nécessitent une humidité relative de 100 % ou de l'eau libre à la surface des feuilles pour germer. La germination des spores n'est pas dépendante de la température et peut avoir lieu entre 10 et 30 °C
- Cycle de vie : Sclerotinia sclerotiorum survit 3 à 4 ans dans le sol, sous forme de sclérotes qui peuvent être ramenés en surface via le travail du sol. Une fois dans les couches supérieures (2-4 cm), les sclérotes forment des apothécies à la surface du sol. Ces structures libèrent alors des ascospores qui sont propagées par le vent, causant des infections au niveau des cultures voisines. Des lots de semences contaminés peuvent propager la maladie dans des parcelles saines.
Gestion intégrée de la sclérotiniose en culture de chou
Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

A. Mesures agronomiques préalables à la culture
Choix des semences : Utiliser des semences saines.
Rotation : Réaliser une rotation d’au moins une année sur deux. Il est cependant conseillé de réaliser une rotation de 7 ans en évitant les brassicacées et autres plantes hôtes dans la rotation.
Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. L’application excessive d’engrais azotés est à éviter.
B. À la plantation
Densité de plantation : Il est nécessaire de choisir des distances de plantation adaptées. Un bon espacement permet une meilleure aération de la parcelle et une diminution de l'humidité propice au développement du pathogène.
C. En cours de végétation
Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Un sol trop humide favorise le developpement du champignon. - Trier et éliminer les plantes malades.
- Désherber soigneusement les champs.
D. Après la culture
- Il est conseillé d’effectuer un labour profond afin d’enfouire les résidus de culture dans le sol pour favoriser la décomposition des sclérotes et aider à réduire le niveau d’inoculum présent.
E. Au stockage
- Nettoyer et désinfecter les zones de stockage après l’élimination de lots contaminés.
F. Traitements éventuels
Traitements
La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.
En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !
Pour aller plus loin | Sources
Le CIM (Centre interprofessionnel maraîcher) et le CPL-Végémar proposent sur leurs sites web des informations, des documents complémentaires et émettent en saison des avertissements concernant les différents pathogènes s'attaquant aux cultures.

- OEPP/EPPO. (1994). Norme OEPP PP 2/1(1) Directive sur la bonne pratique phytosanitaire: principes de bonne pratique. Bulletin OEPP/EPPO(24), pp. 233-244.
- Rimmer, S., Shattuck, V., & Buchwaldt, L. (2007). Compendium of Brassica Diseases. St. Paul: The American Phytopathological Society.
- Blancard, D. (2021). Pourritures à Sclerotinia (Sclerotinia sclerotiorum). Ephytia – Tropilég, INRAE. https://ephytia.inrae.fr/fr/C/24673/Tropileg-Pourritures-a-Sclerotinia-Sclerotinia-sclerotiorum
- Service Public de Wallonie (SPW). (2022). Lutte intégrée contre les ennemis des cultures : exigences pour les cultures autres que les ornementales (Annexe 1 à l'arrêté ministériel du 26 janvier 2017 portant exécution de l'arrêté du Gouvernement wallon du 10 novembre 2016, modifié par l'arrêté ministériel du 13 octobre 2022). https://agriculture.wallonie.be/files/20182/21846/cahiers%20des%20charges%202019%20_%20tout%20sauf%20ornement.docx
Légende:
: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)
: Fréquence du symptôme
Integrated pest management (Lutte intégrée)
Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.
Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.