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Tétranyque tisserand (Acarien) | Pomme de terre

Tetranychus urticae

Symptômes et dégâts

Sur les parties aériennes

  • Sur la face inférieure, ce ravageur se nourrit de la sève en provoquant des piqûres laissant une dépigmentation du feuillage. 
  • Jaunissement des feuilles pouvant entraîner le flétrissement complet de la plante.
  • Formation de toiles qui recouvrent la plante entière, lorsque les populations de ce ravageur augmentent. 
  • Destruction de la chlorophylle suivie de la réduction de la photosynthèse et de la croissance des plantes. 
  • Ce ravageur injecte des toxines dans les parties atteintes de la plante, qui accentuent la décoloration, la nécrose, le dessèchement et la mort de la plante. 
  • Les acariens se trouvent sur la face inférieure des feuilles et sont observables à la loupe (grossissement minimum x15).

Une forte attaque peut provoquer une réduction significative de la photosynthèse et donc du rendement. Dans les cas les plus graves, les blessures occasionnées par les acariens peuvent causer une défoliation complète et la mort du plant.

Identification du Tetranychus  urticae 

  • Oeufs: sont  sphériques, de couleur rouge et mesurent 0,1 mm.
  • Larves: possèdent 3 paires de pattes, de couleur pâle avec deux yeux rouges.
  • Protonymphes: possèdent 4 paires de pattes, avec une couleur variant du vert clair au vert foncé.
  • Deutonymphe: ont la même couleur, le mâle est de forme allongée et de petite taille par rapport à la femelle.
  • Adulte: de forme ovale et de couleur variant suivant la culture hôte. Les femelles adultes sont jaunes à vertes avec deux points noirs, sont de forme ovale et mesurent environ 0,5 mm de long. Les mâles sont plus petits et mesurent environ 0,3 mm.

Biologie de Tetranychus urticae 

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : Les plantes hôtes de T. urticae sont, en plus de la pomme de terre, du maïs, de la luzerne, de la vigne, du haricot, du concombre, du trèfle, du tournesol et de nombreuses plantes sauvages et ornementales.
  • Cycle de vie : La femelle entre en diapause pour passer l’hiver dans des anfractuosités ou des infrastructures avoisinantes. Au printemps, elle devient active, se nourrit sur les feuilles des plantes et se reproduit. La femelle peut pondre en moyenne une centaine d’œufs sur la face inférieure des feuilles, qui donneront des larves, qui évoluent en protonymphes, puis en deutonymphes avant de devenir adulte. T. urticae peut faire 6 ou 7 générations durant une saison culturale. La dissémination se fait par contact direct entre une plante malade et une saine, par le sol  contaminé ou par le vent.
  • Facteurs favorables au développement de Tetranyque tisserand:  Le développement est optimal lorsque la température est comprise entre 23 et 30 °C et l’humidité relative inférieure à 50 %.

Gestion intégrée de la Tetranyque tisserand en culture de pomme de terre

Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée ou integrated pest management (IPM) est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges.

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Gestion des déchets: élimer les résidus de cultures en champ et aux abords, et nettoyer les outils agricoles à la fin de la saison. 
  • Maintien de la biodiversité : favoriser l’établissement ou faire des lâchers d’ennemis naturels (chrysopes, punaises prédatrices, acariens prédateurs : Phytoseiidae, phytoseiulus persimilis, Amblyseius califormicus, cécidomyies prédateurs: Feltiella acarisuga), en évitant d’utiliser des insecticides non-sélectifs ; en laissant des bandes enherbées, des prairies naturelles, en installation des abris, etc. 

B. A la plantation

  • Eviter l’excès de fertilisation azotée.
  • Entourer les parcelles de variétés sensibles par une variété non sensible pour éviter que le tétranyque n’atteigne ces premières. 

C. En cours de végétation

  • Limiter la présence de plantes hôtes par fauchage des abords des parcelles. 
  • Surveiller vos champs pour repérer et détruire les premiers foyers d’infestation. 
  • L’irrigation par aspersion ou brumisation, augmente l’humidité relative de l’air, rendant les conditions moins favorables au développement du tétranyque.

D. Traitements éventuels

  • Le seuil de nuisibilité est atteint lors d’une présence supérieure à 5 individus de T. urticae par plante, sur plus de 10% des plants.
  • Actuellement, aucun traitement acaricide n’est autorisé pour la culture de pommes de terre en Belgique.

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Divers documents complémentaires relatifs à la gestion des plants (réception, conservation, traitements divers, plantation, etc.) peuvent être trouvés sur le site de la FIWAP (Filière Walonne de la Pomme de terre).

FIWAP

  • Chambre d'Agriculture du Nord-Pas-de-Calais (2020, Juillet 28). Pomme de terre - Hauts-de-France. Bulletin de santé du végétal(24), pp. 8-9.
  • FIWAP (2020). Actualités et situation des marchés : Mardi 08 septembre 2020. Gembloux.
  • Terre vivante. Lutte contre les Tétranyque tissands. https://www.terrevivante.org/contenu/lutter-contre-le-tetranyque-tisserand/. Site web visité le 20.06.2025

Légende: 

: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

 : Fréquence du symptôme

Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.