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Maladie des pieds chétifs | Orge

Mastrevirus hordei

Le virus à l'origine de la maladie des pieds chétifs, anciennement connu sous l'appellation wheat dwarf virus (WDV) (reclassifié sous Mastrevirus hordei). On distingue chez ce virus un isolat adapté au blé (WDV-W) et un isolat adapté à l’orge (WDV-B).

Symptômes et dégâts 

Sur les parties aériennes

  • Plantes chétives, nanisme et tallage initialement réduit. Les plants atteignent environ 15% de leur taille normale et ne montent pas en épi.

  • Possibilité d'un tallage secondaire excessif par le départ de petites pousses à la base

  • Disparition progressive des plants, avec une aggravation des dégâts au fil du temps

  • En cas d'infestation tardive, les dégâts se concentrent essentiellement en bordure des champs ou le long des sentiers, car les cicadelles ne peuvent voler dans la végétation. Et le retard de croissance est moins prononcé.

Sur les feuilles

  • Les extrémités des feuilles jaunissent ou rougissent, parfois les deux.
  • Des stries jaunes teintées de rouge apparaissent le long des nervures selon la variété.

Confusion possible 

La maladie peut être confondue avec :

  • La jaunisse nanisante (JNO) qui est transmise par puceron. Cependant les deux maladies peuvent être présente sur la culture, l’une n’exclue pas l’autre. 

Biologie de la cicadelle vectrice de la maladie des pieds chétifs sur orge

biologie du pathogène

  • Plantes hôtes : La cicadelle transmet le virus sur l’orge, mais peut également infecté le froment. Le virus a aussi été détecté sur d’autres céréales, comme le triticale et le seigle, ainsi que sur certaines graminées, dont le ray-grass vivace.
    Facteurs favorables au développement de la maladie des pieds chétifs: une forte population de cicadelles, des températures de plus de 15 °C en journée, le maintien de repousses pendant l’interculture et la présence d’un bois à proximité de la parcelle.
  • Cycle de la cicadelle vectrice:  Le virus est véhiculé par la cicadelle Psammotettix alienus. La cicadelle fréquente surtout les prairies ouvertes et les clairières des bois. Elle passe l’hiver sous forme d’œufs. Les adultes sont tués par le froid, en particulier lors de gels prolongés avec des températures inférieures à -5 °C. Au retour de la chaleur, de nouvelles nymphes et de nouveaux adultes apparaissent et assurent la propagation secondaire l’année suivante. On compte généralement une à deux générations, mais jusqu’à quatre peuvent se succéder. L’infection primaire a lieu en automne, quand les adultes migrent vers les parcelles où les céréales viennent de lever. Les céréales restent très sensibles au virus jusqu’au stade de l’élongation de la tige.

Gestion intégrée de la maladie des pieds chétifs en culture d’orge

​Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée ou Integrated pest management (IPM) est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges.

IPM

A. Mesures agronomiques préalables à la culture

  • Rotation : Maximum 2 cultures de céréales sur 3 années en évitant froment sur froment.
  •  Choix variétal:  Des variétés d’orge tolérantes au virus existent, ces informations peuvent être trouvées sur le site du CePiCOP et du Livre Blanc des Céréales.
  • Gestion des repousses : les repousses de céréales voisines de la parcelle constituent un réservoir pour la cicadelle. Leur destruction avant le semis réduit donc le risque d’infestation de la culture.

B. À la plantation

  • Type de semis : Éviter les semis précoces qui augmentent les risques en culture. Les semis précoces exposent l’orge à une forte activitié des cicadelles.

C. Pendant la culture

  • Surveillance: Surveiller les parcelles de la présence des cicadelles à l’automne 
  • Traiter la parcelle au moment adapté avec un insecticide autorisé (voir “Traitements éventuels”)

D. Traitements éventuels 

  • Il n’y a aucun traitement possible contre le virus. Les traitements doivent viser exclusivement les populations de cicadelles.
  • En agriculture conventionnelle, le traitement insecticide, s’il est nécessaire, doit se faire le plus tard possible dans la saison afin de protéger la culture jusqu’à la fin des vols automnaux, mais avant d’être bloqué par une longue période de pluies rendant les parcelles impraticables.

La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site Phytoweb pour toute utilisation en Belgique.

En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !

Pour aller plus loin | Sources

Pour plus d’informations sur le suivi de la pression régionale de maladies, consulter le site web du CePiCOP. Des informations complémentaires peuvent être trouvées sur le site du Livre Blanc des Céréales.

 

Légende: 

​: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)

​ : Fréquence du symptôme

​Integrated pest management (Lutte intégrée)

 Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.

 Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.