Mildiou | chou
Hyaloperonospora parasitica
Symptômes et dégâts 

Sur les feuilles
- Présence de taches jaunes sur les cotylédons.
- Face supérieure de la feuille : Apparition de taches jaunâtres à brunes devenant nécrotique.
- Face intérieure de la feuille : Apparition d'un duvet gris blanchâtre constitué de spores. (En condition favorable, ces spores peuvent se retrouver également sur la face supérieure).
Sur les inflorescences
-
Apparition de colorations brunes à noires sur les inflorescences, s'étendant à l'intérieur de la tête sous forme de taches et bandes gris-noir.
L'infection entraîne un dépérissement et un retard de croissance de la plante ainsi qu'entraîner une pourriture pendant le stockage.
Confusion possible
La maladie peut être confondue avec :
- L’alternariose : les symptômes peuvent être confondus, mais le mildiou produit un duvet blanchâtre sur la face inférieure des feuilles.
Biologie d’Hyaloperonospora parasitica sur chou

- Plantes hôtes : La maladie s’attaque aux choux (chou vert, chou-fleur, chou rouge, chou de Bruxelles, brocoli) mais aussi au colza, à la moutarde et au radis. Cependant au sein même de l'espèce Hyaloperonospora parasitica, il existe des pathotypes, spécifiques à une espèce et n'infectant que faiblement les autres.
- Facteurs favorables au développement du Hyaloperonospora parasitica : Températures fraiches (entre 8 et 16 °C) et une humidité élevée (supérieure à 98 %). La rosée ou des temps de pluie favorisent le développement du champignon.
- Cycle de vie : Les spores sont dispersées par le vent et par des gouttelettes d’eau, avec une température fraiche les spores germent et pénètrent dans les tissus via les stomates. Il ne se passe pas plus de 4 jours entre l’infection et la formation de spores. Il se peut que les plantes soient infectées par le sol, le champignon peut survivre 4/5 ans sous forme d’oospores (organes de survie). Une exposition au soleil pendant plus de 6h dépérit les organes portant les spores.
Gestion intégrée du mildiou en culture du chou
Les principes généraux en matière de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ont été fixés par le Gouvernement wallon. La lutte intégrée est obligatoire et les mesures sont regroupées dans un cahier des charges. Integrated pest management (IPM).

A. Mesures agronomiques préalables
Rotation : Réaliser une rotation d’au moins une année sur deux. Il est cependant conseillé de réaliser une rotation de 7 ans en évitant les brassicacées dans la rotation.
Choix des semences : Utiliser des semences saines.
Choix variétal : Utiliser des variétés résistantes ou tolérantes à la maladie.- Il est conseillé de gérer les adventices de la famille des brassicacées pouvant servir de réservoir secondaire au pathogène.
B. À la plantation
Densité de plantation : Il est nécessaire de choisir des distances de plantation adaptées. Un bon espacement permet une meilleure aération de la parcelle et une diminution de l'humidité propice au développement du pathogène.
Fertilisation : La fertilisation doit être fondée sur une analyse de sol effectuée au moins tous les 5 ans. L’application excessive d’engrais azotés est à éviter.
C. En cours de végétation
Irrigation : Éviter l’utilisation excessive d’eau. Il est conseillé d’éviter l’irrigation par aspersion favorisant la propagation du pathogène, et de lui préférer l’irrigation au goutte-à-goutte.
E. Après la culture
- Gestion des résidus de culture : Il est conseillé d'éliminer les résidus de culture, ce qui permet de limiter l'inoculum.
F. Traitements éventuels
Traitements
La législation et les produits autorisés étant en constante évolution, nous vous invitons à consulter régulièrement le site phytoweb.
En cas de traitement, il est conseillé de privilégier les biopesticides, les substances de base et les pesticides à faible risque. Pour tout usage de pesticide, il convient de lire attentivement l'étiquette et de respecter les conditions et conseils d'utilisation, afin de garantir l'efficacité du traitement et la préservation de l'environnement !
Pour aller plus loin | Sources
- B. Baur, M. Lutz (agroscope) (2022), Mildiou des crucifères Hyaloperonospora parasitica, Agroscope Fiche technique n°161
- Bayer-agri (2018), Mildiou du chou : la prévention avant tout, Consulté le 18/02/2025 URL : https://www.bayer-agri.fr/cultures/mildiou-du-chou-la-prevention-avant-tout_2782/
- Syngenta, (n. d.), Mildiou des crucifères, Consulté le 18/02/2025 URL : https://www.syngenta.fr/traitements/mildiou-des-cruciferes
- IRIISphytoprotection, (n. d.), Mildiou - radis, Consulté le 18/02/2025 URL : https://www.iriisphytoprotection.qc.ca/Fiche/Champignon?imageId=2555
- Rimmer, S. R., Shattuck, V. I., Buchwaldt, L. (eds.) (2007). Compendium of Brassica Diseases. pp.28-30. APS Press, St. Paul, Minnesota 55121, USA
- Service Public de Wallonie (SPW). (2022). Lutte intégrée contre les ennemis des cultures : exigences pour les cultures autres que les ornementales (Annexe 1 à l'arrêté ministériel du 26 janvier 2017 portant exécution de l'arrêté du Gouvernement wallon du 10 novembre 2016, modifié par l'arrêté ministériel du 13 octobre 2022). https://agriculture.wallonie.be/files/20182/21846/cahiers%20des%20charges%202019%20_%20tout%20sauf%20ornement.docx
- Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W). (2026). Vade-mecum des Etats généraux de la Protection des cultures. https://www.cra.wallonie.be/uploads/2026/07/vade-mecum-egpc-cra-w.pdf
Légende:
: Gravité du symptôme (varie graduellement entre vert, orange et rouge)
: Fréquence du symptôme
Integrated pest management (Lutte intégrée)
Niveau 1 : Mesure à appliquer obligatoirement.
Niveau 2 : 70 % des mesures de niveau 2 doivent être appliquées au niveau de l'exploitation.